C’est à toi que je parle, celui qui sait, à l’intérieur de tout notre être. Toi avec qui on cohabite tous. Irrévérencieux personnage prétendant ne pas entendre alors qu’il écoute assidûment. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet mais il y a quelques points à porter à tes oreilles. Puisque nous sommes tous ici pour un bout de temps, autant s’asseoir pour en discuter. Tu es bien le seul à rester debout depuis le début, c’est épuisant de te voir manifester ta présence à tous, même quand tu n’es pas aux commandes. Tes paroles transpirantes derrière la nuque de chacun, tes deux mains serrées sur nos épaules, même l’ombre se plaint de ta pression qui nous colle comme pois à la peau. On n’en a qu’une et tous la même en plus, c’est celle-ci à qui on souffle les pensées, celle-ci à qui on pétrit l’avenir. Mais toi tu ne portes que bourrasques et crampes. De ma voix d’Equilibre j’ai laissé parler la Colère et la Paix, la Peur et l’Amour, l’Espoir et l’Angoisse. Tous nous œuvrons au futur prospère de cette chair, de la mobilité de sa charpente à la brume de ses songes. Mais maintenant nous sommes inertes, les pieds dans le ciment que tu as laissé couler dans nos veines. Et j’en suis complice, par idéalisme je t’ai laissé t’immiscer dans tous nos débats, toi fluide visqueux prétendu carburant à la machine, toi faux berger aux moutons plus sages que lui, toi fierté sans humilité, toi tisseur aux fils barbelés.
Toi Ego. Aujourd’hui tu es mort pour nous.
07. 01. 2024 JOUR 01